29.02.2008
Au ministère de la Culture aussi… L'Humanité le 29/02/08
Au ministère de la Culture aussi…
L'Humanité le 29/02/08
L’intersyndicale prévoit une grande journée nationale d’action le 20 mars contre la « révision générale des politiques publiques ».
Après quatre mois de réunions confidentielles et d’audits mis en place dans chaque ministère, le président de la République a décrété, sans aucune concertation, le 12 décembre dernier, une première vague de mesures s’inscrivant dans la « révision générale des politiques publiques » (RGPP). Elles vont dans le sens de moins d’État, moins d’administration centrale, moins de services, moins de personnels.
Parmi les secteurs où il est prévu d’avancer le plus vite, les musées nationaux, sous statut de service à compétence nationale (SCN), la Direction des musées de France (DMF), qui pourrait être dissoute, les Monuments historiques, dont la charge est de plus en plus supportée, en raison des restrictions budgétaires, par les collectivités territoriales.
Au coeur de l’idéologie du projet présidentiel, l’idée que la culture relève d’une responsabilité publique est, du coup, remise en question au sein même du ministère de la Culture, qui se sent visé dans ses missions fondamentales, ses structures, son organisation, le statut de ses personnels… Regroupés au sein d’une intersyndicale CGT, CFDT, CFTC, SNAC-FSU, SNAC-FO, SUD, UNSA, ces derniers ont été plus de 800 à manifester le 21 février dernier.
Un très grand nombre d’établissements étaient d’ailleurs, ce jour-là, en grève. Et pas des moindres : le Louvre, Pompidou, Orsay, Picasso, Guimet, l’Orangerie, Versailles, Fontainebleau, Compiègne, Saint-Germain, Cluny, l’Orangerie ont fermé ou ont été fortement perturbés. Les services des administrations centrales, la DMF, la RMN, la BNF, les Archives nationales, l’INRAP ont également été touchés, cependant qu’une pétition réunissant plusieurs milliers de signatures circulait.
Depuis, l’intersyndicale a décidé d’une journée nationale d’action le 20 mars. Ce jour-là, une manifestation partira du Palais-Royal en direction de l’hôtel Matignon, où la pétition « Non à la RGPP, outil de saccage du service public ! » sera portée à François Fillon.
Pourquoi les agents du ministère de la Culture sont-ils en pointe dans ce combat concernant les fonctionnaires de tous les ministères ? « Pour plusieurs raisons, explique Didier Alaime, secrétaire national de la CGT culture.
Le gouvernement a la volonté de procéder par vagues. Il a choisi le ministère de la Culture pour expérimenter cette réforme. Il a l’intention de s’attaquer aux autres ministères plus tard.
Autre raison : la culture, alors qu’elle pourrait être vécue comme un supplément d’âme, touche beaucoup les gens. L’exception culturelle française est très emblématique. Tout ce qui lui arrive est donc très relayé médiatiquement.
Enfin, du fait de sa petite taille et de certains combats anciens, les agents de ce ministère sont viscéralement attachés à leurs missions et habitués à se mobiliser. Ils ne défendent pas uniquement l’outil de travail. Ce ministère n’ayant jamais eu les moyens de ses missions, on a toujours pris sur nous, retroussé nos manches et porté nos missions à bout de bras. »
Magali Jauffret
10:46 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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