22.01.2008
Article paru dans Connaissance des Arts : Les effets ricochets de la RGPP
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13.01.2008
Article du Monde: Comment la "culture du résultat" s'appliquera à Christine Albanel
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De même, le président avait fait de l'adéquation entre l'offre et la demande et de la démocratisation culturelle l'un des axes de sa feuille de route. Quatre critères ont été retenus. Deux concernent la gratuité expérimentée dans quatorze musées nationaux depuis le 1er janvier, "l'évolution de la fréquentation" et "l'évolution de la composition des publics". Les deux autres entendent mesurer l'impact des subventions du ministère, "fréquentation totale des lieux subventionnés" (musées, monuments, salles de spectacle) et fréquentation "par les jeunes publics".
Dans sa lettre de mission, le président de la République souhaitait voir le piratage sur Internet vigoureusement combattu... Après les propositions faites par Denis Olivennes, PDG de la Fnac, on évaluera "l'évolution du nombre de fichiers piratés". M. Sarkozy voulait aussi doper la France dans la compétition culturelle internationale... La "part de marché des films français en France", la "part des transactions mondiales du marché de l'art réalisées en France", ou encore, le "volume d'exportation des produits culturels" figurent dans les critères retenus. Tout comme le "nombre d'heures de programmes culturels sur les chaînes publiques" et leur audience.
Parent traditionnellement rogné de la culture, le patrimoine fait l'objet d'attention puisque sera mesuré le "volume dépensé dans les palais et monuments historiques par l'Etat et les partenaires" (collectivités locales et mécènes). Encore faut-il que ces sommes fassent la preuve de leur utilité : Matignon entend observer l'impact des rénovations sur les niveaux de fréquentation.
"PART DE MARCHÉ"
Pour marquer encore la nécessaire "culture du résultat", deux derniers indicateurs ont été retenus : les "ressources propres autres que de billetterie" dans les musées et monuments nationaux et la "part de marché des entreprises françaises dans l'ensemble des industries culturelles". Façon pour le premier de préparer un éventuel passage à la gratuité, pour le second, de mesurer l'impact des aides accordées aux entreprises culturelles.
Au cabinet de la ministre, on se félicite de la cohérence de ce "tableau de bord", censé éclairer l'Elysée, Matignon et la Rue de Valois. Professeur de science politique à Paris-X et auteur d'un rapport sur l'évaluation des politiques culturelles, Emmanuel Wallon est moins enthousiaste. "Il y a trop de contradictions, souligne-t-il. Avec les indicateurs déjà établis dans le cadre de la loi organique relative aux lois de finances. Avec la révision générale des politiques publiques, qui recommande à l'Etat d'abandonner ses missions de gestion au profit de l'orientation stratégique. Avec la lettre de mission de Sarkozy qui insistait sur le soutien à la création, un aspect totalement absent. Sans compter le côté Père Fouettard de l'opération."
Car, au-delà du suivi des politiques, c'est bien d'une évaluation des ministres qu'il s'agit. Avec un premier rendez-vous fin janvier, suivi de réunions trimestrielles qui évoquent immanquablement les conseils de classe. " C'est un peu enfantin, soupire Mme Albanel. Quelle influence ai-je sur la part de films français dans les salles ? Je ne décide pas s'il faut faire Les Visiteurs 3 ou pas, or c'est ça qui décide des bonnes et des mauvaises années." Bonne nouvelle quand même pour l'élève Albanel : Astérix aux Jeux olympiques sort le 30 janvier.
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01.01.2008
RGPP : note de cadrage du directeur de cabinet de la ministre de la culture
Deux notes de cadrages (voir fichiers joints : pdf_Note_du_directeur_de_Cabinet_sur_les_transferts_de_mo... ; pdf _note de cadrage_reforme_RMN_et_SCN_V9.pdf)
du directeur de cabinet de la ministre de la culture,
suite aux décisions du Comité de Modernisation des Politiques Publiques (CMPP) du 12 décembre 2007 : un régal !
17:53 Publié dans Qu'est-ce que la Révision des Politiques Publiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.12.2007
Article du Monde: La réforme du ministère de la culture provoque de fortes inquiétudes
Comment améliorer l'action du ministère de la culture avec moins de moyens ? C'est l'enjeu de la révision générale des politiques publiques, dite RGPP, autrement dit la réforme de l'Etat visant à "rationaliser les dépenses" et "améliorer la qualité des politiques publiques". A l'issue d'un audit piloté par l'inspecteur général des finances François Auvigne, le conseil de modernisation des politiques publiques a rendu publiques les premières "orientations", le 12 décembre. Une deuxième phase va déboucher sur des "projets de réforme" au printemps 2008. L'ensemble entrera en vigueur progressivement jusqu'en 2011.
Sachant que, dans le même temps, le ministère devra tenir son engagement de ne pas remplacer un départ à la retraite sur deux, les syndicats pensent que "la RGPP est un habillage de la réduction des effectifs", selon l'expression de Kamal Hesni, secrétaire général de la CFDT-Culture, qui n'est pourtant "pas hostile à l'idée de réforme". Entre 1 000 et 1 100 départs à la retraite sont prévus d'ici 2012, sur un effectif de quelque 26 000 agents - dont 11 900 emplois de fonctionnaires équivalent temps plein, le reste étant des contractuels, des personnes en CDD, etc.
Les syndicats craignent aussi un retrait du ministère dans certaines missions, avec parfois privatisation ou filialisation d'activités. Pour la CGT-Culture, syndicat le plus important, "la ministre n'a pas su défendre l'exception culturelle". Son secrétaire général, Nicolas Monquaut, s'explique : "La culture représente à peine 1 % du budget de l'Etat. Les économies qui résulteront de la RGPP auront un impact ridicule sur la dépense, mais les conséquences sur la vie culturelle peuvent être catastrophiques."
Dans une lettre du 12 décembre, la ministre de la culture et de la communication, Christine Albanel, voit au contraire la réforme comme une chance "d'anticiper les nouveaux enjeux, en particulier le développement de l'économie de la culture, les industries culturelles et de la communication". Il s'agit également, ajoute-t-elle, de "consolider" les "missions fondatrices" que sont l'entretien du patrimoine, la création, la transmission des savoirs. Voici les principales mesures.
Réduction des directions centrales. Le nombre de directions centrales passera de "dix à quatre ou cinq" pour supprimer les "doublons" et recentrer le ministère sur ses fonctions essentielles. Une direction regroupant les industries culturelles et les nouvelles technologies sera créée. Mme Albanel plaide pour que la direction du développement des médias, actuellement rattachée aux services du premier ministre, rejoigne cette direction.
Le bloc "patrimoine" pourrait s'articuler autour de deux directions, l'une englobant le livre et les archives, l'autre les musées et l'architecture par fusion de la direction des musées de France et de la direction de l'architecture et du patrimoine - à moins que l'architecture ne soit rattachée à la création, ce qui est en débat. La délégation aux arts plastiques et la direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles fusionneraient pour donner naissance à une direction de la création.
Quatre statuts pour les musées. La politique d'autonomie des musées sera intensifiée. C'est déjà le cas pour les plus gros - Louvre, Orsay, Versailles, Centre Pompidou, Guimet - qui sont des établissements publics. Quatre perspectives se profilent pour les 34 musées nationaux à Paris ou en région. Les plus gros "seront transformés" en établissements publics (probablement le Musée Picasso et le château de Fontainebleau).
D'autres seront rattachés à des établissements publics existants (le Musée de l'Orangerie irait sous l'aile d'Orsay). Certains seront "proposés en gestion" aux collectivités locales - comme certains monuments historiques. Mais ces collectivités en voudront-elles, car ils ne sont pas économiquement rentables ? La plupart seront rattachés à la Réunion des musées nationaux (RMN), établissement public industriel et commercial.
Une chose est sûre : la direction des musées de France "ne pilotera plus depuis Paris la gestion quotidienne" de ces musées. Le rattachement à la RMN (droit privé) suscite des interrogations : quid du statut des agents ? Les syndicats pointent le risque d'un recours à l'externalisation des postes.
Les DRAC entre soulagement et incertitude. Les directions régionales des affaires culturelles - relais en région du ministère - ont sauvé leur peau, pour l'instant. Ce réseau serait même conforté, assure-t-on dans l'entourage de Mme Albanel. Pour autant, le fonctionnement des DRAC va être étudié dans le cadre de la deuxième phase de la RGPP, qui s'ouvre jusqu'au printemps 2008. Dans l'entourage de Mme Albanel, on avoue n'avoir "aucune idée du résultat". Tout semble piloté depuis l'Elysée.
Vers une baisse de 10 % ou 20 % des dépenses ?
Comme les autres ministères, la Rue de Valois doit se plier à un petit exercice de prospective qui alimente l'inquiétude des agents. Dans un document que Le Monde s'est procuré, il est demandé aux responsables des directions de mesurer les "gains et économies attendus", mais aussi le "risque politique" et "social" de trois scénarios à l'horizon 2009-2011 : une stagnation en volume des crédits et des moyens en personnel, une baisse de 10 % et une baisse de 20 %. Autre question : quel serait l'avenir de tel dispositif "en cas de désengagement de l'Etat" ?
Par ailleurs, à l'initiative du secrétariat général du ministère de la culture, une "cartographie des emplois" est en cours d'élaboration. "Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, cet exercice sera utile pour prendre la mesure des effectifs", indique la secrétaire générale, Christine Le Bihan-Graf, dans une note à l'attention des directeurs et sous-directeurs du ministère.
Clarisse Fabre
LE MONDE | 20.12.07
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12.12.2007
RGPP : le dossier institutionel
sur le site institutionnel de la RGPP, tout le dossier, à vous de vous faire une idée !
http://www.modernisation.gouv.fr/info-de-la-semaine/artic...
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01.12.2007
le guide méthodologique de la RGPP
voir ci joint le fameux guide méthodologique de la RGPP : guide_methodologique_RGPP.pdf
14:12 Publié dans Qu'est-ce que la Révision des Politiques Publiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Article des Echos: Mais où ont-ils trouvé cette RGPP ?
C'est trop tard. Le mot est maintenant en pleine lumière. Mais franchement, cette RGPP, quelle catastrophe ! Il n'est évidemment pas question ici du fond, traité en d'autres endroits de ce journal. Mais de la forme ou plus précisément du sigle. Sur le papier, la RGPP fait sérieux. Prononcé à voix haute, c'est un tue-l'amour. De quoi faire zapper instantanément l'auditeur de radio. On est tout près de la désuète RPP (« Revue politique et parlementaire »), pas très loin des anciens RG (Renseignements généraux) ou de l'absconse GPP (Gestion de portefeuille de projets). Pour prendre conscience du désastre, il suffit de se livrer à un simple test bien connu des jongleurs de mots : tenter de transformer le sigle en phrase. Pour la RGPP, on arrive assez vite à « Ai-je l'air pépé ? » Difficile de faire moins excitant. Du pur jus de tête d'oeuf estampillé ENA. Bien sûr, la « Revue générale des politiques publiques » n'a rien de particulièrement sexy. Et certains exégètes lui trouvent une filiation avec les éphémères SMR (Stratégies ministérielles de réforme) qui n'étaient guère plus présentables. Mais il y a des acronymes joyeux pour nommer des réalités guère plus réjouissantes.
Dans le domaine de l'action publique, c'est par exemple le cas de la LOLF. La « Loi organique relative aux lois de finances » est une appellation abominable, dotée d'une répétition à faire sursauter n'importe quel rédacteur en chef. Mais son acronyme a quelque chose de guilleret. A l'oreille, la LOLF cousine avec l'elfe. Ses outils, eux, tiennent de lutins jouant de la musique. Le BOP a quelque chose de bibop, même s'il désigne l'horrible « budget opérationnel de programme ». Et le RAP fait inévitablement penser au rappeur, bien qu'il s'agisse du platounet « rapport annuel de performance ».
Dans d'autres domaines, on pousse l'audace encore plus loin en renonçant carrément aux acronymes. Selon certaines rumeurs, la ménagère de moins de 50 ans aurait tendance à délaisser RGPP (rangement général des placards et penderies) au profit de l'expression « tri de printemps ». Le renoncement gagne même certains ministères, même si les rédacteurs en chef râlent contre les titres trop longs. On parle ainsi de Grenelle de l'environnement et non de RPPDE (Réunion des parties prenantes pour la défense de l'environnement). Ou de réforme de la carte judiciaire et non de RCJ qui aurait pourtant l'avantage de rappeler feu la RCB (rationalisation des choix budgétaires, un autre ancêtre de la RGPP). L'Elysée, d'où est partie cette fichue RGPP, ferait mieux de remplacer l'un de ses innombrables jargono-administratifs par un terminologue ou un maître en siglification. Le président le sait pourtant mieux que quiconque : en politique, les mots sont essentiels.
JEAN-MARC VITTORI
Les Echos (Décembre 2008)
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15.11.2007
Communiqué SNAC FSU : RGPP à la Culture : Réduction Générale des Politiques et des Personnels ?
La réforme de l’Etat, déjà largement engagée depuis quelques années, est dopée par la RGPP, ou Révision générale des politiques publiques, lancée par le Président le 10 juillet 2007. L’affichage, c’est le progrès et la modernisation - qui pourrait s’opposer à l’idée de réformer ?- La réalité, c’est une formidable machine à supprimer des milliers d’emplois.
Cette réforme fait l’objet d’une intense propagande, mais tient en peu de mots (extraits du ’guide méthodologique’) : « le Président s’est engagé à ce que le déficit disparaisse et à ce que le taux d’endettement baisse ». Ce déficit procéderait « d’une gestion publique trop peu efficace », d’un « empilement des structures », sans parler de la poursuite de politiques publiques inefficaces ou ne correspondant pas ou plus aux attentes des citoyens. Donc, moins d’état, moins de fonctionnaires mais plus performants (voire mieux payés : voilà la carotte !). Pour y parvenir, le départ à la retraite des baby-boomers offre une opportunité à ne pas manquer.
En résumé, débrouillez-vous comme vous voulez, camouflez comme vous pouvez (’modernisation’, ’efficience’, ’performance’), pourvu qu’on supprime des emplois par milliers. Voilà le mot d’ordre. La RGPP ne procède pas d’abord d’une volonté d’améliorer un système. C’est le contraire : le gouvernement entend revoir de fond en comble l’organisation et les politiques publiques parce qu’il a décidé d’une réduction drastique des moyens.
Le 7 septembre 2007, la RGPP a fait l’objet d’une présentation aux organisations syndicales. L’objectif est de réduire le train : missions, structures, organisations, personnels. Chaque ministère est sommé d’évaluer la pertinence de son action, et de faire des propositions de réforme. La démarche ne vaut pas seulement pour les administrations, elle vaut aussi pour les établissements publics. Parallèlement, quatre chantiers interministériels sont engagés, qui touchent à la « gestion des ressources humaines », à l’organisation de l’administration territoriale, aux relations entre l’état et les collectivités, le quatrième chantier portant sur la « simplification des procédures internes ». Les chantiers interministériels interfèrent forcément y compris dans le champ de l’organisation.
Des audits sont lancés dans tous les ministères, pour produire des scénarios de réforme, en fondant leurs analyses sur la base d’un questionnaire en sept points : « Que faisons nous ? Quels sont les besoins et les attentes collectives ? Faut-il continuer à faire de la sorte ? Qui doit le faire ? Qui doit payer ? Comment faire mieux et moins cher ? Quels scénarios de transformation » ?
Pas besoin d’avoir eu, à l’âge tendre, le cerveau essorré à l’ENA pour résumer comme le fait Eric Besson (secrétaire d’Etat chargé-de-la-prospective-et-de-l’évaluation-des-politiques-publiques) : « combien ça coûte et à quoi ça sert ? ». Les équipes d’audits doivent, selon la terminologie, définir des « leviers de réforme », comme par exemple : au chapitre « politiques d’intervention » : « supprimer les interventions contraires à la logique économique » ; au chapitre « appareil de production » : « accroître le temps travaillé par agent », « réduire progressivement les écarts de taux d’occupation/des surfaces par agent », « promouvoir le télé-travail » ; au chapitre « fonctions opérationnelles » : « fusionner des organismes aux compétences proches », etc.
On n’invente rien, c’est dans le guide.
On note aussi que les scénarios de réforme ne sont pas proposés par le Ministre en charge, mais par la mission d’audit : la procédure prévoit leur exposé, en deux étapes, à un comité de suivi interministériel, et c’est alors que les observations et avis du Ministre sont recueillis. A l’issue de quoi, scénarios et avis du Ministre concerné sont transmis pour validation définitive au « conseil de la modernisation des politiques publiques » dont le nom seul fait rêver...
Au ministère de la Culture, l’équipe d’audit se compose de M. AUVIGNE, inspecteur des finances, de Mme DANTOINE (IGF), et de Mme SCHMITT (IGA). Les organisations syndicales peuvent les rencontrer, si toutefois elles le demandent (c’est en option). La première séance du comité de suivi a eu lieu fin septembre : les premières esquisses de scénarios ont donc été écrits et la Ministre entendue, même si rien n’a encore été officiellement communiqué aux organisations syndicales, à qui on n’a transmis que le mode d’emploi et le calendrier... C’est début janvier qu’aura lieu, pour la culture, le second passage devant le comité de suivi.
La validation des scénarios définitifs est attendue pour mai 2008.
Parallèlement aux travaux conduits par l’audit, le cabinet met en place des groupes de travail avec les organisations syndicales. Par une note du 9 octobre, le directeur de cabinet a fait connaître les sujets des trois séances de discussion, sans toutefois fournir de calendrier. Le courrier précisait en outre que les groupes de travail seraient dirigés par le chef de la mission « Modernisation et Réforme de l’Etat ».
Les trois séances doivent porter sur :
le périmètre du ministère (les limites du régalien), et trois thèmes : déconcentration, décentralisation et externalisation
les politiques d’intervention (Patrimoines, création, transmission des savoirs et démocratisation de la culture, recherche)
appareil de production (administration centrale, services déconcentrés, opérateurs).
En somme, rien moins que la remise à plat de la totalité des missions, de l’organisation et des structures. Essentiellement commandée par l’objectif de réduction des dépenses, la démarche est faussée. Le travail de réflexion qui, dans un autre contexte, aurait pu être positif, se transforme en exercice à haut risque.
Le cabinet a reçu les organisations syndicales vendredi 19 octobre, notamment à la demande de la FSU. Nous avons fait savoir qu’il n’était pas question, pour la FSU, de nous engager dans des séances de travail sans connaître les limites de l’exercice, et donc sans connaître les esquisses de scénarios produites par l’audit. Le cabinet a refusé catégoriquement de les communiquer, au prétexte qu’il ne faut pas alarmer les agents avec des pistes de travail qui risquent de ne pas être suivies. Voilà qui va les rassurer...Au terme de ce rendez-vous, le cabinet a concédé du bout des lèvres qu’il définirait des problématiques plus détaillées, et serait présent dans les groupes de travail. Aux dernières nouvelles, nous devrions recevoir sans tarder un courrier en provenance du cabinet de la Ministre...
En bref, la RGPP, réforme de l’Etat version Sarkosy, se présente bel et bien comme une vraie machine à déconstruire. Le Ministère de la Culture, arrivé trop tard dans la chaîne de l’évolution pour avoir connu l’état pachydermique, s’est transformé, on le sait, en champion de la débrouille structurelle, avec ses 78 établissements publics, ses contractuels en grand nombre, aux statuts variés, ses précaires, et ses concepts astiqués après coup pour légitimer ses choix. Sans parler de tous les procédés expérimentés, au nom du pragmatisme, pour trouver, sans être trop regardant, l’argent que le Budget ne lui accorde pas. Tout cela risque de se retourner contre lui, car ce ministère aussi doit y passer : combien ça coûte et, franchement, à quoi ça sert, a dit le secrétaire d’Etat. Le côté « laboratoire » du MCC en fait une cible de choix..
12:15 Publié dans Lutte contre la RGPP au ministère de la Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.10.2007
Article du Monde: Le rapport d'un député PS pointe la baisse des crédits destinés au patrimoine
Première mise au point : M. Bloche conteste la hausse de 3,2 % du budget annoncée par Mme Albanel le 26 septembre (Le Monde du 28 septembre). "Pour gonfler le montant total de l'enveloppe (2,928 milliards d'euros de crédits de paiement), le gouvernement a rebudgétisé la somme de 70 millions d'euros qui était considérée, l'an dernier, comme une mesure extrabudgétaire", explique-t-il.
Afin de relancer les chantiers de restauration des monuments historiques, le gouvernement Villepin avait décidé, en 2006, de créer une "recette pérenne" de 70 millions d'euros, issue des droits de mutation à titre onéreux. Versée au Centre des monuments nationaux, elle a vocation à être redistribuée dans les DRAC. Or, cette année, cette manne a été rapatriée dans le budget. "Sans cette opération, l'augmentation du budget 2008 est de 0,7 %", reconnaît-on au cabinet de Mme Albanel.
Sujet sensible, le patrimoine est le poste prioritaire, doté de 979 millions d'euros. Pourtant, dans son rapport (page 19), M. Bloche publie un tableau qui montre une diminution significative des crédits de paiement à destination du patrimoine monumental : de 4,7 millions d'euros à 3,5 millions d'euros dans la région Franche-Comté, de 12,5 millions d'euros à 7,8 millions d'euros en Rhône-Alpes, de 8,3 millions d'euros à 5,6 millions d'euros dans le Nord-Pas-de-Calais, de 22 millions d'euros à 11 millions d'euros en Pays de la Loire, etc.
"DIMINUTION DE 6 %"
Une baisse "tout à fait logique, explique-t-on rue de Valois. En 2007, les régions ont reçu une double dotation, exceptionnelle, de 140 millions d'euros ; 70 millions ont été dépensés pour éponger les dettes. Ces dettes n'existant plus, le besoin n'existe plus".
Il n'empêche, les témoignages recueillis sur le terrain par M. Bloche expriment un certain désarroi. Tel ce constat de la DRAC Provence-Alpes-Côte d'Azur : "Les budgets qui sont délégués (...) ne permettent pas d'assurer aux monuments protégés le maintien d'un état stationnaire ; ils conduisent simplement à tenter de ralentir la dégradation progressive de ce patrimoine." Cette "pénurie", analyse M. Bloche, a pour effet "de contraindre les DRAC à une forme d'autocensure". "Ainsi, en Bretagne, la DRAC n'a programmé aucune opération nouvelle en 2007 malgré la hausse des moyens, en prévision d'une nouvelle baisse des crédits pour 2008." Le député plaide pour le retour au niveau des crédits de 2003, "soit 400 millions d'euros de crédits de paiement, contre 316 aujourd'hui".
Le rapporteur et le cabinet de la ministre sont au moins d'accord sur un point : avec 467,8 millions d'euros, la "transmission des savoirs et démocratisation de la culture" perd 2,9 % de crédits de paiement. L'éducation artistique est, certes, gratifiée d'une hausse de 6,1 %, mais les mesures "en faveur de l'accès à la culture" chutent de 17,9 % (actions en direction des communes, ou à destination des "publics les plus éloignés de la culture"...).
Enfin, souligne Patrick Bloche, le budget "stationnaire" du spectacle vivant "cache en réalité une baisse de 414 000 ? en crédits de paiement" - sur un total de 639,7 millions d'euros. Une inquiétude partagée par le président du Syndeac, le plus important syndicat du secteur subventionné (centres dramatiques nationaux, scènes nationales, compagnies, etc.). "Le ministère a engagé des dépenses nouvelles et, à enveloppe constante, le théâtre semble être la variable d'ajustement", déplore François Le Pillouër. "Selon nos informations, que des hauts représentants du ministère n'ont pas démenties, les crédits pour le spectacle vivant des DRAC sont en diminution de 6 %. Par exemple, il y a une perte de 3,5 millions d'euros pour les centres dramatiques nationaux", constate-t-il. Le directeur du Théâtre national de Bretagne, à Rennes, qui devait rencontrer, mardi, des conseillers de Mme Albanel, s'interroge : "Quelle est la stratégie masquée ? Révélez-nous les chiffres !"
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25.07.2007
Articles de Charlie Hebdo : Après Weight Watchers et Slim Fast, la RGPP !
Mardi 10 juillet, François Fillon présentait officiellement la RGPP aux grands commis de l'État, réunis au Centre de conférences internationales (Paris XVIe). À la fin de son discours inaugural, alors que les choses allaient devenir intéressantes avec l'examen concret de la réforme, les journalistes présents dans la salle ont été conviés à une conférence de presse du Premier ministre. Ils étaient loin de se douter que c'était un stratagème pour les expulser du séminaire RGPP sans drame. En guise de conférence de presse, François Fillon a prononcé trois phrases pour le JT et s'est éclipsé. Ensuite, il fut impossible aux journalistes de retourner assister au séminaire. Les hôtesses barraient le couloir en agitant leurs bras en croix et en criant: « La presse, c'est fini! » Les médias sont là pour répercuter le message promotionnel du gouvernement, et puis c'est tout! E V.
13:04 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

