19.04.2008

Article du Monde : Christine Albanel défend le projet d'un ministère allégé et resserré

Le nouveau visage du ministère de la culture et de la communication se dessine. Transformé, resserré, allégé, sous l'effet de la "révision générale des politiques publiques", dite RGPP, qui s'applique à tous les ministères. Les relations se tendent entre la ministre, Christine Albanel, et les syndicats qui se réunissaient, jeudi 17 avril, lors d'un comité mixte paritaire ministériel. Mme Albanel a empêché les manifestants anti-RGPP de se rassembler, le même jour, sous les fenêtres du ministère, au milieu des Colonnes de Buren, dont l'accès était bloqué. La ministre n'avait guère apprécié, entre autres, que les syndicats occupent l'antichambre de son bureau, début avril.

Un ministère renforcé ou menacé ? Dans une lettre ouverte, Anne Hidalgo, secrétaire nationale culture et médias du PS, et Claudy Lebreton, président de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains, déplorent une logique "d'économies comptables et de réduction du nombre des fonctionnaires" et demandent un "moratoire de six mois" sur la RGPP. Peine perdue : la nouvelle administration doit être "opérationnelle à compter de 2009", indique le communiqué de la ministre. "En deux ou trois mois, on efface des années de réflexion et de construction du ministère", s'indigne le secrétaire général de la CGT-culture, Nicolas Monquaut.

Mme Albanel estime avoir sauvé les meubles : un, le réseau des directions régionales des affaires culturelles (DRAC), qui gèrent les crédits déconcentrés de l'Etat, est préservé, même si des interrogations subsistent sur le devenir de ses missions ; deux, la ministre a annoncé, jeudi 17 avril, que la Direction du développement des médias, qui dépend de Matignon, sera rattachée à la future direction générale des industries culturelles et des nouveaux médias - l'intitulé définitif n'est pas encore connu. "Le conseil de modernisation des politiques publiques (piloté par l'Elysée et Matignon) conforte ainsi le ministère dans ses missions et son organisation", assure-t-elle.

Trois piliers : patrimoine, création, médias. Trois directions générales verront le jour (au lieu de dix directions actuellement) au sein du ministère, auxquelles s'ajoute un secrétariat général. Une direction générale des patrimoines de France englobera les quatre directions existantes (livre, archives, architecture et patrimoine, musées de France). Une direction générale de la création regroupera la délégation aux arts plastiques et celle consacrée au spectacle vivant (musique, danse, théâtre, etc.).

Troisième bloc, une direction générale du développement des médias et de l'économie culturelle : celle-ci devrait être pilotée par la responsable de la direction du développement des médias, Laurence Franceschini. Le ministère réfléchit par ailleurs à la nomination des deux autres directeurs généraux. Chaque direction générale sera dotée de directions correspondant aux différents secteurs. Les actuels directeurs pourraient être maintenus à leur poste : "Aucun d'entre eux n'a démérité", glisse un conseiller de Mme Albanel.

Machine arrière sur les musées. Le processus d'autonomisation des musées se poursuit. Aux quatre établissements publics existants (Louvre, Orsay, Versailles, Guimet), s'ajoutent trois nouveaux venus : le Musée Picasso à Paris, le Musée de Fontainebleau, enfin le musée et la Manufacture de Sèvres, deux entités distinctes qui sont désormais regroupées. Par ailleurs, le Musée de l'Orangerie ira sous l'aile d'Orsay. D'autres pistes envisagées en décembre 2007 ont été revues et corrigées, pour tenir compte des critiques syndicales : ainsi, il n'est plus question de rattacher administrativement les autres musées à la Réunion des musées nationaux (RMN), qui gère diverses activités (billetterie, édition, produits dérivés). Il s'agirait simplement, aujourd'hui, de "rénover" les liens entre la RMN et les musées. Ces derniers relèveraient toujours de la direction des musées de France pour ce qui est de la politique scientifique.

215 postes supprimés en 2008. En 2008, 215 emplois équivalent temps plein seront supprimés (sur un total de 11 900 emplois de titulaires), dont 100 au titre du non-remplacement du départ à la retraite d'un fonctionnaire sur deux. Si la filière accueil et surveillance est épargnée, d'autres secteurs seraient touchés : la direction de l'architecture et du patrimoine (DAPA) perdrait 101 postes (sur 2 824), selon un premier état des lieux, "pas encore arbitré", assure-t-on au cabinet de Mme Albanel.

Dans une lettre adressée à Jean-François Hébert, le directeur de cabinet de Mme Albanel, que Le Monde s'est procurée, le directeur de la DAPA, Michel Clément, estime que ces perspectives, alliées à la "baisse programmée" de certains services déconcentrés, sont "de nature à poser la question du maintien du périmètre des missions fondatrices de notre ministère".

Clarisse Fabre
Article paru dans l'édition du 19.04.08.

10.04.2008

Actualités de la Recherche en histoire visuelle (ARHV) : La direction des musées de France occupée

Le 4 avril, Christine Albanel estimait que le ministère de la Culture sort «consolidé» de la réforme de l'Etat, présentée sous le nom de Révision générale des politiques publiques (RGPP). Telle ne semble pas être l'opinion des personnels et de l'intersyndicale du ministère qui, après avoir diffusé un communiqué dénonçant «l'offensive globale contre les services publics» et la «dislocation du réseau des musées nationaux», occupe depuis ce matin les locaux de la direction des musées de France, 6, rue des Pyramides à Paris. Des banderoles déployées sur la façade réclament le retrait de la RGPP et dénoncent «la culture en danger». Les personnels sont invités à se rendre sur place pour soutenir la délégation.

La réorganisation de l'administration centrale devrait notamment conduire à organiser le ministère de la culture en 3 directions générales aux côtés d'un secrétariat général. Le ministère passerait donc en l'espace de quelques semaines de 10 à 5 directions, puis à 4, pour arriver à 3 aujourd'hui. Une évolution qui en dit long sur la cohérence structurelle et sur la faisabilité administrative concrète d'un projet dicté par l'acharnement gouvernemental à réduire la voilure coûte que coûte. Selon l'intersyndicale, «il devient presque absurde de tenter de le qualifier le dialogue social, tant il est foulé aux pieds par le gouvernement et en ce qui nous concerne par Christine Albanel et ses collaborateurs directs – à preuve, son refus catégorique de rencontrer en personne les organisations syndicales en amont de la date pourtant cruciale du 4 avril. Contrairement à leurs déclarations mensongères, ceux qui nous gouvernent ne pratiquent pas la concertation. Ils passent en force, conduisent leurs soi-disant "réformes" à la hussarde au mépris de l'inquiétude et des revendications légitimes des agents.»

Par André Gunthert, jeudi 10 avril 2008 à 16:20

 

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09.04.2008

Article du Figaro (9 avril 2008) : Comment Bercy veut faire bouger les fonctionnaires.

Le gouvernement présente mercredi sa loi «mobilité». Il prépare aussi des primes pour faciliter les restructurations, voire inciter les agents à créer leur entreprise.

«On entend beaucoup parler de l'introduction du licenciement dans la fonction publique, qu'en est-il exactement ?» Posée par une élève de l'Institut régional d'administration de Lille (une école des cadres de l'État), la question s'adresse à André Santini. Après avoir rappelé qu'un fonctionnaire peut déjà être licencié pour insuffisance professionnelle (20 agents de l'État concernés en 2006), le secrétaire d'État à la Fonction publique précise le projet de loi sur la mobilité, qui sera présenté ce matin en Conseil des ministres.

Un agent sans affectation qui refusera plus de trois postes correspondant à «son grade et son projet personnalisé d'évolution» sera placé en «disponibilité d'office», c'est-à-dire privé de salaire. Selon Bercy, c'est la «flexisécurité», en germe dans le privé, qui arrive aussi dans la fonction publique (lire les propos de Nicolas Sarkozy sur les chômeurs qui refuseraient deux offres «raisonnables» d'emploi). Combien d'agents sont-ils concernés ? Impossible à savoir. Les ministères se gardent bien de publier toute statistique sur le nombre d'agents qu'ils paient à ne rien faire…

Autre point, la possibilité pour l'État de recourir à l'intérim les hôpitaux peuvent déjà le faire. ­Cette mesure fait bondir les syndicats. La future loi prévoit aussi qu'une administration ne pourra plus s'opposer au départ d'un de ses fonctionnaires trouvant un poste dans le privé ou dans une autre administration. Pour le gouvernement, il s'agit à la fois d'ouvrir des possibilités de carrière aux agents et de permettre aux administrations de se remodeler plus facilement. La mise en œuvre de la révision générale des politiques publiques (RGPP) en sera facilitée.

Dans les jours qui viennent, une série de décrets et d'arrêtés sera également publiée. «Qu'on demande beaucoup aux fonctionnaires est une chose. Mais que certains se retrouvent en difficulté financière à la suite d'une restructuration, il n'en est pas question pour Éric Woerth et André Santini», explique l'entourage du ministre du Budget et de la Fonction publique et de son secrétaire d'État.

 

Jusqu'à 15 000 euros pour une mutation

Une «prime de restructuration de service» sera instaurée pour les agents «mutés ou déplacés» dans le cadre des RGPP. Selon nos informations, cette prime, qui se substituera à d'autres indemnités octroyées de façon moins souple, pourra atteindre 15 000 euros. S'y ajoutera une «allocation d'aide à la mobilité du conjoint», lorsque celui-ci perd son emploi en suivant l'agent concerné, d'un montant forfaitaire de 6 100 euros.

Un «complément indemnitaire» pourra aussi être attribué à un agent contraint de réintégrer son corps d'origine à cause d'une restructuration, après avoir été détaché dans un emploi «à responsabilité particulière» ou «à la décision du gouvernement». Si ce «retour au bercail» entraîne une baisse de salaire, l'indemnité couvrira 80 % de la différence pendant six mois, 70 % pendant les six mois suivants, et 50 % pendant encore une année.

Les agents acceptant de pourvoir pour au moins trois ans un emploi présentant une «difficulté particulière de recrutement» (zone géographique sensible, poste sans candidat déclaré six mois après son ouverture, titulaires se succédant rapidement) bénéficieront d'une «indemnité temporaire de mobi­lité» (40 % à la prise de poste, 20 % à mi-parcours, 40 % à l'échéance prévue, avec un plafond de 10 000 euros).

Sans oublier le «pécule de départ» annoncé par le chef de l'État en septembre. Un agent quittant la fonction publique d'État pour créer ou reprendre une entreprise, ou volontaire pour la quitter alors que son service va être restructuré, pourra recevoir jusqu'à deux ans de salaire (le montant précis pourrait aller d'un an à un an et demi).

Enfin, deux décrets aboliront une règle freinant de nombreuses évolutions de carrière : jusqu'ici, un agent d'une collectivité locale ou d'un hôpital ne peut être détaché dans la fonction publique d'État si cela revient à augmenter de plus de 15 % sa rémunération globale ! De peur de perdre leurs meilleurs éléments, les élus locaux ont tenté d'échapper à cet assouplissement.

Cet ensemble de mesures, dense, n'est pourtant qu'un «amuse-bouche». Un texte plus ambitieux, qui aboutira notamment à fondre les centaines de corps de fonctionnaires dans des ensembles plus vastes, devrait suivre dans les prochains mois. Il s'appuiera sur le rapport du conseiller d'État Silicani qui sera rendu public mi-avril.

 Olivier Auguste
09/04/2008

29.02.2008

Au ministère de la Culture aussi… L'Humanité le 29/02/08

Au ministère de la Culture aussi…

 L'Humanité le 29/02/08

L’intersyndicale prévoit une grande journée nationale d’action le 20 mars contre la « révision générale des politiques publiques ».

 Après quatre mois de réunions confidentielles et d’audits mis en place dans chaque ministère, le président de la République a décrété, sans aucune concertation, le 12 décembre dernier, une première vague de mesures s’inscrivant dans la « révision générale des politiques publiques » (RGPP). Elles vont dans le sens de moins d’État, moins d’administration centrale, moins de services, moins de personnels.

Parmi les secteurs où il est prévu d’avancer le plus vite, les musées nationaux, sous statut de service à compétence nationale (SCN), la Direction des musées de France (DMF), qui pourrait être dissoute, les Monuments historiques, dont la charge est de plus en plus supportée, en raison des restrictions budgétaires, par les collectivités territoriales.

Au coeur de l’idéologie du projet présidentiel, l’idée que la culture relève d’une responsabilité publique est, du coup, remise en question au sein même du ministère de la Culture, qui se sent visé dans ses missions fondamentales, ses structures, son organisation, le statut de ses personnels… Regroupés au sein d’une intersyndicale CGT, CFDT, CFTC, SNAC-FSU, SNAC-FO, SUD, UNSA, ces derniers ont été plus de 800 à manifester le 21 février dernier.

Un très grand nombre d’établissements étaient d’ailleurs, ce jour-là, en grève. Et pas des moindres : le Louvre, Pompidou, Orsay, Picasso, Guimet, l’Orangerie, Versailles, Fontainebleau, Compiègne, Saint-Germain, Cluny, l’Orangerie ont fermé ou ont été fortement perturbés. Les services des administrations centrales, la DMF, la RMN, la BNF, les Archives nationales, l’INRAP ont également été touchés, cependant qu’une pétition réunissant plusieurs milliers de signatures circulait.

Depuis, l’intersyndicale a décidé d’une journée nationale d’action le 20 mars. Ce jour-là, une manifestation partira du Palais-Royal en direction de l’hôtel Matignon, où la pétition « Non à la RGPP, outil de saccage du service public ! » sera portée à François Fillon.

Pourquoi les agents du ministère de la Culture sont-ils en pointe dans ce combat concernant les fonctionnaires de tous les ministères ? « Pour plusieurs raisons, explique Didier Alaime, secrétaire national de la CGT culture.

Le gouvernement a la volonté de procéder par vagues. Il a choisi le ministère de la Culture pour expérimenter cette réforme. Il a l’intention de s’attaquer aux autres ministères plus tard.

 Autre raison : la culture, alors qu’elle pourrait être vécue comme un supplément d’âme, touche beaucoup les gens. L’exception culturelle française est très emblématique. Tout ce qui lui arrive est donc très relayé médiatiquement.

Enfin, du fait de sa petite taille et de certains combats anciens, les agents de ce ministère sont viscéralement attachés à leurs missions et habitués à se mobiliser. Ils ne défendent pas uniquement l’outil de travail. Ce ministère n’ayant jamais eu les moyens de ses missions, on a toujours pris sur nous, retroussé nos manches et porté nos missions à bout de bras. »

Magali Jauffret

22.02.2008

Grève des musées. Chalenges.fr 21/02/08

Grève des musées Challenges.fr | 21.02.2008 | 15:07 |

Une dizaine de musées nationaux ont fermé leurs portes, à la suite d'un appel à la grève des syndicats du ministère de la Culture .

Le musée du LouvreLe musée du Louvre (c) AP Jeudi 21 février, une dizaine de musées nationaux ont fermé leurs portes à la suite d'un appel à la grève des syndicats du ministère de la Culture.

Toutefois, les grands établissements comme le Louvre, le musée d'Orsay ou encore le musée du quai Branly sont restés ouverts, avec quelques perturbations. *Tarif réduit ou visite gratuite *

En effet, au Louvre, seuls les deuxièmes étages des ailes Sully et Richelieu sont fermés.

 Au musée d'Orsay, l'ouverture s'est faite avec un peu de retard mais tous les visiteurs ont droit à un tarif réduit (5,50 euros au lieu de 8 euros). En revanche, le niveau médian (arts décos et exposition Charpentier) est fermé au public. Quant à la nocturne du jeudi soir, elle est maintenue.

Le château de Versailles a également ouvert ses portes au public avec un peu due retard. Bonne nouvelle pour les visiteurs, l'entrée est gratuite, mais ils ne pourront pas se promener dans les Grands appartements.

*Rassemblement en début d'après-midi*

Dans la région parisienne, sont fermés les musées Cluny, Guimet, de l'Orangerie, Picasso, et aussi le musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye et le château de Fontainebleau. En revanche, le musée de la Renaissance, à Ecouen, est ouvert partiellement. En province, les visiteurs ont pu trouver les portes closes au musée du château de Pau, au musée Magnin de Dijon et au musée de Préhistoire des Eyzies de Tayac.

A l'appel de l'intersyndicale CGT, CFDT, CFTC, FSU, FO, Sud et UNSA, un rassemblement doit avoir lieu en début d'après-midi au ministère de la Culture pour protester contre les projets de "casse du ministère".

En effet, la ministère de la Culture travaille sur des projets de réorganisation dans le cadre de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) lancée cet été par l'Elysée.

20.02.2008

Inquiétude pour le Ministère de la Culture La tribune de l'Art 20/02/08

Inquiétude pour le Ministère de la Culture

La tribune de l'Art 20/02/08

Depuis quelques semaines, le Ministère de la Culture vit au rythme de la révision générale des politiques publiques (RGPP), le projet du gouvernement visant à « maîtriser et rationaliser les dépenses publiques tout en améliorant la qualité des politiques publiques »1. Il s'agit d'un des premiers ministères à faire l'objet d'une réorganisation entrant dans ce cadre. A ce titre il servira sans doute de modèle pour la suite. Une perspective inquiétante, si l'on observe comment les choses se déroulent.

Christine Albanel dans une lettre envoyée le 19 février aux employés du ministère indique qu'elle souhaite ainsi « permettre aux politiques publiques, et donc à la politique culturelle, de mieux répondre aux exigences de la société. Elle vise à améliorer la qualité du service rendu au public, avec le souci constant d'un égal accès de tous à la culture, et à valoriser le travail des agents tout en rationalisant les dépenses publiques ». Il semble, à en croire la manière dont est mené ce projet, qu'il s'agisse surtout de réaliser à tout prix des économies, sans prendre en compte la spécificité évidente du sujet.

Voici quelques-unes des hypothèses sur lesquelles travaille, actuellement, le Ministère, dans le domaine des musées et du patrimoine :

- Regroupement des dix directions (et délégations) existantes rue de Valois en trois (ou quatre) directions : une direction patrimoniale qui regrouperait les fonctions actuelles de la Direction du Patrimoine, de la Direction des Musées de France et de la Direction des Archives ; une direction de la Création ; une direction de la Démocratisation culturelle (on admirera le flou d'une telle dénomination). L'architecture, actuellement rattachée à la Direction du Patrimoine, pourrait rejoindre la nouvelle direction de la création, mais rien n'est encore certain.

 - Rattachement de certains musées nationaux à de plus grands établissements. Si celui de l'Orangerie avec le Musée d'Orsay semble cohérent2, comme l'avait été celui du musée Delacroix au Louvre, le rattachement du musée de Cluny au Louvre comme le bruit en avait couru un moment, se justifierait beaucoup moins. Il semble peu probable.

- Certains musées, au contraire (et Cluny en fait partie), pourraient être transformés en Etablissements Publics, notamment certains musées-château (éventuellement en en regroupant certains). Davantage d'établissements publics signifierait probablement de nouveaux postes de directeurs confiés à des administrateurs au détriment des conservateurs, comme c'est le cas pour la plupart d'entre eux (hors le Louvre et Orsay).

- D'autres musées nationaux (par exemple le Musée Magnin de Dijon) se verraient proposés à des collectivités locales. On voit mal comment celles-ci pourraient souhaiter récupérer des établissements de ce type, alors qu'il est plus que probable que les dotations budgétaires ne suivront pas, ou de manière très provisoire.

- Selon le même principe, de nouveaux monuments historiques pourraient également être « décentralisés ». La précédente opération de ce genre (voir l'éditorial du 17/11/03 et la brève du 27/7/06) avait pourtant abouti à un quasi échec. On se rappelle que la liste avait été établie par une commission dirigée par René Rémond, chargée de définir les monuments d'importance régionale ou locale appartenant à l'Etat et susceptibles d'être transférés à des collectivités territoriales. On se demande donc quels sont ceux qui seraient choisis aujourd'hui. S'agira-t-il, faisant fi des critères de cette commission, de se débarrasser d'éléments patrimoniaux « d'importance nationale » comme le Domaine national de Saint-Cloud pour lequel, d'après les syndicats, Parick Devedjian serait candidat ?

- Autre solution : la Réunion des Musées Nationaux prendrait en charge la plupart des musées nationaux. Certains pourraient aussi être rattachés au Centre des Monuments Nationaux (à moins que la RMN et le CMN ne fusionnent, autre hypothèse envisagée). Thomas Grenon, le président de la RMN mène un forcing effréné pour récupérer cette gestion des musées, et serait allé jusqu'à agacer en hauts lieux comme l'a révélé Vincent Noce dans Libération du 19 février.

 - Plusieurs activités de la Réunion des Musées Nationaux pourraient être filialisées, notamment celles à fort enjeu scientifique, comme l'édition et l'agence photographique. Cela reviendrait, comme le dénoncent les syndicats, à privatiser une part importante de missions qui relèvent pourtant du service public. Notons que dans l'hypothèse où la RMN ne récupérerait pas l'administration des musées, ces filialisations réduiraient son activité à peu de chose...

Il faut ajouter les incertitudes qui pèsent sur les services du Ministère en région et en département. Si les DRAC devraient être conservées, qu'en sera-t-il des services départementaux qui risquent d'être absorbés par les préfectures. Au cas où ils seraient rattachés aux DRAC, seraient-ils géographiquement relocalisés ? On reste encore dans le flou le plus complet, mais le passé, et les conséquences néfastes des lois de décentralisation, qui ont conduit notamment à un éclatement de l'Inventaire Général, n'incite pas à l'optimisme.

Il est possible que l'organisation retenue ressemble à une espèce de patchwork de toutes ces hypothèses. On imagine alors la confusion. Devant la complexité du problème, la précipitation est pourtant de mise. Les solutions doivent en effet être trouvées en à peine plus de deux mois : sollicitée le 12 décembre par Christine Albanel, Francine Mariani-Ducray, la Directrice des Musées de France, doit lui remettre vendredi prochain, 22 février, le rapport évaluant les différents scénarii3.

Très fragilisée par l'annonce, officieuse mais permanente, de son remplacement prochain, la Ministre de la Culture ne paraît pas disposer sur ces sujets de beaucoup d'autonomie. Il semble que les vraies décisions soient prises par les conseillers de l'Elysée.

Dans ces conditions, tous les syndicats Culture, unanimes, dénoncent ce qu'ils considèrent comme une attaque sans précédent contre les missions qui font, depuis plus de cinquante ans, la raison d'être du Ministère. Réunis en intersyndicale, ils se montrent très résolus et très inquiets. Ils soulignent que, s'ils sont effectivement conviés à des réunions d'information, il ne s'agit pas d'une réelle concertation et que leurs interlocuteurs, souvent, ne savent pas répondre à leurs questions. Une manifestation est prévue le 21 février devant le ministère, une pétition circule dans les services et d'autres actions devraient être menées dans les prochaines semaines.

Tout observateur soucieux de la préservation du rôle de l'Etat dans les domaines du patrimoine et des musées peut légitimement s'interroger. La part du budget du Ministère de la Culture dans celui de la Nation est très faible (moins de 1%, rappelons-le). Les économies possibles dans ce domaine (seule raison réelle de toute l'opération) apparaissent dérisoires. S'il y a un domaine qui devrait se voir épargné cette course aux économies, c'est bien celui-là. N'est-ce pas la France qui a inventé l'exception culturelle ?

Didier Rykner (mis en ligne le 20 février 2008)

1. http://www.rgpp.modernisation.gouv.fr/ 2. Notons que le poste de directeur de l'Orangerie, laissé vacant par le départ de Pierre Georgel à la retraite, ne l'est plus, alors que personne n'a pourtant été nommé. 3. Elaboré, d'après les syndicats, avec l'aide du cabinet Cap Gémini.

19.02.2008

Foire d’empoigne autour des établissements nationaux . Libération 19/02/08

Foire d’empoigne autour des établissements nationaux Patrimoine.

La réorganisation des musées de France par le ministère de la Culture inquiète les personnels et aiguise les appétits.

Vincent Noce QUOTIDIEN : mardi 19 février 2008

Que vont devenir les musées Picasso, Cluny, Ecouen, Fontainebleau, l’Orangerie, Pierrefonds, Compiègne, Malmaison, le château de Pau, et une dizaine d’autres musées nationaux plus modestes, dans la réorganisation du ministère de la Culture ? La question fait l’objet en coulisses d’une dispute interne, sur fond d’inquiétude croissante des personnels. Il y a une dizaine de jours, les syndicats ont envahi le siège de la direction des musées de France (DMF), pour proclamer leur «attachement au service public» et ils annoncent une nouvelle action pour le 21 février.

Jeudi dernier, à Paris, s’est tenue la conjuration des six. Les présidents du Louvre, de Beaubourg, de Versailles, du Quai- Branly, de Guimet, et l’administrateur d’Orsay, ont penché leur auguste personne sur le sort des petits musées. La fronde se fédérait autour de la directrice des musées de France, Francine Mariani-Ducray. Celle-ci, qui vit ses dernières heures (sa direction doit rejoindre une grande direction du patrimoine), était tout émue. Les participants aussi.

Christine Albanel a ouvert plusieurs voies aux musées qui se trouvaient sous l’égide de la DMF : transformation en établissement public (pour les plus importants), rattachement à un grand établissement, à une région, ou enfin à la Réunion des musées nationaux (RMN). Celle-ci est la branche commerciale des musées, qui organise des expositions, des publications, exploite librairies et boutiques, vend des cartes postales, gère les droits de reproduction des œuvres. Les grands établissements (dont le Louvre) ont pris le large il y a une demi-douzaine d’années, grâce à une réforme restée à mi-chemin.

C’est ce parcours qu’il faut désormais reprendre. Après des années de déficit, ayant considérablement réduit ses activités, la RMN est revenue à un exercice équilibré. Elle tient les expositions prestigieuses du Grand Palais. Il n’en fallait pas plus pour que son président, Thomas Grenon, se sente pousser des ailes. Il réclame désormais tous les musées nationaux pour agrandir son duché. Et la transformation de la RMN en un super établissement public.

Les présidents d’établissements sont unanimes pour organiser la rébellion, d’autant qu’ils ont toujours nourri une franche détestation de la RMN, accusée d’incompétence et d’avoir longtemps joui d’un monopole abusif. «En prenant sous sa coupe des musées disparates, la RMN deviendrait un monstre», a plaidé l’un. «La sujétion des musées à la RMN répondrait à un propos biaisé, purement économique, a ajouté un autre. Or, il faut mettre en place des projets culturels et scientifiques, pour voir ensuite dans quelle mesure peut, éventuellement, se fonder une logique mutualiste.»

Et les grands établissements d’organiser la riposte en proposant de mettre en place des réseaux, dont ils se verraient bien, eux-mêmes, les pilotes : Orsay a demandé le rattachement de l’Orangerie, avec sa collection impressionniste ; le Centre Pompidou lorgne le musée Picasso ; Cluny ou Malmaison pourraient se rapprocher du Louvre ; Versailles songe à un réseau de résidences royales.

Quant aux syndicats, qui n’apprécient guère le président de la RMN, ils sont virulents contre l’idée d’intégrer un «service commercial de droit privé». Thomas Grenon n’a pas arrangé son cas en bombardant de notes catastrophistes, dont Libération a pu avoir copie, sa ministre, mais aussi Matignon et l’Elysée, ce qui a été modérément apprécié rue de Valois. «Il essaie de convaincre en sortant des chiffres et des extrapolations complètement bidonnés, ce dont la RMN a d’ailleurs l’habitude», lance un participant à la réunion.

 Le cabinet de la ministre se montre tenté par le rattachement de l’Orangerie à Orsay. Thomas Grenon en fait un casus belli, accusant Orsay de vouloir transformer l’Orangerie en «destination touristique». La RMN, au contraire, pourrait à l’en croire «réduire les dépenses de fonctionnement de 20 %». Si l’ensemble des musées nationaux lui revenait, il se fait fort de réaliser «8 millions d’euros d’économies», par des «synergies» assez vagues. En revanche, avertit l’intéressé, si plusieurs des musées nationaux échappaient à la RMN, celle-ci verrait «son équilibre compromis». Dans une note, Thomas Grenon en évalue la perte à 7,2 millions d’euros. En bref, c’est (presque) tout ou rien.

Un comité de pilotage examine la question. Très dubitatif, le ministère s’en tient au pragmatisme affiché par Christine Albanel. Et garde un œil toujours vigilant sur les risques de conflits sociaux.

01.02.2008

Occupation de la DMF. Dépèche AFP 01/02/08

dépèche AFP

Une centaine d'agents de musées nationaux, conduits par les syndicats CGT et Sud, ont occupé vendredi à Paris la Direction des musées de France (DMF), pour protester contre les projets de réforme touchant le ministère de la Culture, a constaté une journaliste de l'AFP.

Arrivés en début de matinée, les agents ont quitté les locaux en fin d'après-midi après qu'une délégation de leurs représentants a été reçue par Christophe Tardieu, le directeur adjoint de cabinet de la ministre de la Culture Christine Albanel.

La réunion s'est mal passée, ont indiqué la CGT-Culture et Sud-Culture. Les représentants syndicaux étaient venus demander au cabinet des explications sur le projet de refonte de la Direction des Musées de France dans le cadre de la RGPP (Révision générale des politiques publiques).

 "Nous avons quitté la table violemment lorsque M. Tardieu nous a dit que la DMF avait mieux à faire que de compter les crayons et les gommes des musées dont elle assure actuellement la gestion", a déclaré Nicolas Monquaut, secrétaire général de la CGT Culture, en rendant compte de la réunion aux agents des musées restés à la DMF, rue des Pyramides.

"Nous exigeons des excuses publiques de la part de Christine Albanel", a-t-il ajouté sous les applaudissements des personnes présentes. Une pétition va circuler à la DMF pour appuyer cette demande.

Interrogé par l'AFP, Christophe Tardieu a reconnu qu'il avait eu recours "à une image un peu rapide". "Ce que je veux dire, c'est que la vraie valeur ajoutée de la DMF réside dans la définition, la mise en oeuvre et le contrôle d'une politique scientifique et culturelle des musées sur tout le territoire et non sur la gestion directe des musées", a-t-il dit.

M. Tardieu a proposé aux syndicats plusieurs réunions de travail autour des projets du ministère : rattachement de certains musées actuellement gérés par la DMF à la Réunion des Musées Nationaux (RMN), filialisation d'une partie des activités de la RMN (boutiques, éditions, produits dérivés).

Les organisations syndicales du ministère de la Culture se rencontreront lundi en vue "d'intensifier et d'étendre le mouvement enclenché" vendredi, a indiqué la CGT-Culture, premier syndicat au ministère.

AFP 01.02.08 | 19h41

22.01.2008

Article paru dans Connaissance des Arts : Les effets ricochets de la RGPP

Au ministère de la Culture et de la Communication, comme dans les autres ministères du gouvernement Fillon, Noël a été fortement perturbé par l’annonce de la Révision générale des Politiques publiques, dite RGPP et déjà surnommée Réduction générale des Politiques et des Personnels. Son but ? Améliorer l’action des ministères et rationaliser les dépenses. Ses moyens ? Aucun, car l’idée est de faire mieux en dépensant moins. Son calendrier ? Un rendu du projet avant le mois d’avril pour une application progressive jusqu’en 2011. Quels sont les principaux impacts auxquels il faut s’attendre dans le domaine de la culture ?
Une réduction du nombre des directions centrales :
D’abord une réduction du nombre des directions centrales qui pourrait passer de dix à quatre (Patrimoine, Création vivante, Enseignement, Nouvelles technologies).
Ainsi, les directions du Livre et des Archives pourraient fusionner. Mêmes regroupements entre la Réunion des musées nationaux et le Centre des monuments nationaux ainsi que la direction des Musées de France et la direction de l’Architecture et du Patrimoine.
 
Premier effet ricochet :
Dans ce vaste ensemble patrimonial et muséal, l’architecture sera encore plus empêtrée dans un univers de conservation et non pas de création, où elle devrait être naturellement. La délégation aux Arts plastiques et la direction de la Musique, de la danse, du théâtre et des spectacles deviendraient une même entité.
 
Second effet ricochet :
Les artistes plasticiens n’ont pas les mêmes modes de fonctionnement ni les mêmes préoccupations que les créateurs du spectacle vivant dont on n’a toujours pas réglé les problèmes de statut. Attention à l’effet tâche d’huile ! D’autre part, certains musées, comme le musée Picasso ou le château de Fontainebleau, pourraient devenir des établissements publics à l’instar des grandes machines parisiennes que sont le Louvre, Orsay (qui pourrait prendre sous son aile le musée de l’Orangerie et le musée d’Art américain de Giverny) ou le Centre Pompidou.
 
Nouvel effet ricochet :
Comment un château-musée, déjà généreusement aidé par le Crédit Agricole et qui peine à attirer des visiteurs supplémentaires, pourrait-il s’autogérer dans un avenir proche ? Certains musées de région, comme le musée Magnin de Dijon, et certains monuments, comme le parc de Saint-Cloud, seraient proposés en gestion aux collectivités locales.
 
Dernière bizarrerie :
En 2007, une liste de monuments a déjà été proposée aux communes, départements et régions qui ont repris, entre autres, les châteaux de Chaumont, Tarascon et du Haut-Koenigsbourg. Comment revenir sur ce sujet hormis en en changeant les conditions d’attribution, quitte à perdre rigueur et valeur symbolique ? La RGPP vient de la volonté d’un président de la République soucieux des deniers publics. Surpris et inquiets, les principaux concernés ne semblent pas avoir encore complètement mesuré l’ampleur de ses dommages collatéraux.

13.01.2008

Article du Monde: Comment la "culture du résultat" s'appliquera à Christine Albanel

Christine Albanel est avertie : comme celui de ses collègues, son avenir sera jugé sur la base d'une batterie d'indicateurs. Matignon l'a annoncé : à l'heure du remaniement, une série de critères serviront à évaluer les ministres (Le Monde du 4 janvier). Ces critères, le cabinet de consultants en stratégie Mars & Co, chargé d'encadrer l'opération, ne les a pas établis seul. Inspirés des lettres de mission de Nicolas Sarkozy, ils ont été construits avec l'aide des cabinets ministériels. Après "de nombreux allers et retours", indique l'entourage de Mme Albanel, Mars & Co en a retenu seize, censés offrir "un focus sur les objectifs donnés par le président".

M. Sarkozy avait fait de l'éducation artistique sa priorité ? Deux indicateurs suivront la "proportion de jeunes d'âge scolaire qui ont bénéficié d'une action éducative et culturelle de la part d'une structure subventionnée par le ministère" et le "nombre d'établissements scolaires qui intègrent un volet artistique à leur projet d'établissement".

De même, le président avait fait de l'adéquation entre l'offre et la demande et de la démocratisation culturelle l'un des axes de sa feuille de route. Quatre critères ont été retenus. Deux concernent la gratuité expérimentée dans quatorze musées nationaux depuis le 1er janvier, "l'évolution de la fréquentation" et "l'évolution de la composition des publics". Les deux autres entendent mesurer l'impact des subventions du ministère, "fréquentation totale des lieux subventionnés" (musées, monuments, salles de spectacle) et fréquentation "par les jeunes publics".

Dans sa lettre de mission, le président de la République souhaitait voir le piratage sur Internet vigoureusement combattu... Après les propositions faites par Denis Olivennes, PDG de la Fnac, on évaluera "l'évolution du nombre de fichiers piratés". M. Sarkozy voulait aussi doper la France dans la compétition culturelle internationale... La "part de marché des films français en France", la "part des transactions mondiales du marché de l'art réalisées en France", ou encore, le "volume d'exportation des produits culturels" figurent dans les critères retenus. Tout comme le "nombre d'heures de programmes culturels sur les chaînes publiques" et leur audience.

Parent traditionnellement rogné de la culture, le patrimoine fait l'objet d'attention puisque sera mesuré le "volume dépensé dans les palais et monuments historiques par l'Etat et les partenaires" (collectivités locales et mécènes). Encore faut-il que ces sommes fassent la preuve de leur utilité : Matignon entend observer l'impact des rénovations sur les niveaux de fréquentation.

"PART DE MARCHÉ"

Pour marquer encore la nécessaire "culture du résultat", deux derniers indicateurs ont été retenus : les "ressources propres autres que de billetterie" dans les musées et monuments nationaux et la "part de marché des entreprises françaises dans l'ensemble des industries culturelles". Façon pour le premier de préparer un éventuel passage à la gratuité, pour le second, de mesurer l'impact des aides accordées aux entreprises culturelles.

Au cabinet de la ministre, on se félicite de la cohérence de ce "tableau de bord", censé éclairer l'Elysée, Matignon et la Rue de Valois. Professeur de science politique à Paris-X et auteur d'un rapport sur l'évaluation des politiques culturelles, Emmanuel Wallon est moins enthousiaste. "Il y a trop de contradictions, souligne-t-il. Avec les indicateurs déjà établis dans le cadre de la loi organique relative aux lois de finances. Avec la révision générale des politiques publiques, qui recommande à l'Etat d'abandonner ses missions de gestion au profit de l'orientation stratégique. Avec la lettre de mission de Sarkozy qui insistait sur le soutien à la création, un aspect totalement absent. Sans compter le côté Père Fouettard de l'opération."

Car, au-delà du suivi des politiques, c'est bien d'une évaluation des ministres qu'il s'agit. Avec un premier rendez-vous fin janvier, suivi de réunions trimestrielles qui évoquent immanquablement les conseils de classe. " C'est un peu enfantin, soupire Mme Albanel. Quelle influence ai-je sur la part de films français dans les salles ? Je ne décide pas s'il faut faire Les Visiteurs 3 ou pas, or c'est ça qui décide des bonnes et des mauvaises années." Bonne nouvelle quand même pour l'élève Albanel : Astérix aux Jeux olympiques sort le 30 janvier.


Nathaniel Herzberg
Article paru dans l'édition du 13.01.08

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